Je ne m’attendais absolument pas, en ouvrant ce roman, à une telle intensité psychologique. Ad Vitam est une lecture profondément surprenante, aussi bien par son intrigue que par le suspense constant qui s’en dégage.
Très vite, on se laisse happer par l’esprit d’Aurélia, par ses pensées, ses doutes, ses rêves… ou ses cauchemars.
Mais sont-ils réels ou le fruit de son don de prémonition ? Ou bien les manifestations d’une fragilité grandissante, nourrie par une rupture récente et un cœur en plein déséquilibre ?
Aurélia est perdue, tiraillée entre ses sentiments pour David, son meilleur ami, et l’irruption de Thomas dans son champ de vision. Elle ne sait plus où elle en est, et nous non plus.
À cela s’ajoute cette peur du kidnappeur surnommé la rose noire et cette sensation oppressante d’être observée, traquée. Est-elle réellement en danger ? Est-ce le produit de son esprit ? Les questions s’accumulent, la tension monte, et l’angoisse devient presque palpable.
Le roman excelle dans cette ambiguïté permanente, où chaque certitude vacille. Un personnage semble rôder sans cesse dans l’ombre, renforçant ce sentiment d’insécurité et de paranoïa. L’intrigue psychologique est menée avec une maîtrise remarquable, au point de nous faire douter de tout, y compris de notre propre perception en tant que lecteur.
C’est un véritable page-turner, addictif, impossible à lâcher. Et que dire du plot twist final… Grandiose. Totalement inattendu. Une véritable claque psychologique qui retourne littéralement le cerveau. On se fait piéger, manipuler, emporter jusqu’à la dernière page.
Enfin, un mot sur la plume de l’auteur : immersive, précise, incisive. Syl Right sait jouer avec les émotions, installer le malaise et maintenir une tension constante sans jamais faiblir. Ad Vitam est une lecture marquante, dérangeante, et terriblement efficace.
Bref, j'ai ADORÉ !!! Et vous le recommande!
Au fil de ma lecture, je me demandais de plus en plus si ce roman était vraiment fait pour moi. Certes, il est bien écrit, je dirais même que l'auteur a un style assez soutenu, voire ampoulé. Et l'utilisation de la première personne nous met en empathie avec le personnage principal.
Mais je dois avouer que la jeune femme, Aurélia, m'a quelquefois énervée et j'ai levé les yeux au ciel à la lecture de ses longues réflexions. Car oui, pour réfléchir, elle réfléchit, et pas qu'un peu. Ce qui est somme toute normal dans sa situation. Elle se remet en question, elle compare sa vie maintenant avec sa vie d'avant et en tire des conclusions... Quelquefois un peu trop hâtivement car elle change souvent d'avis.
Le thème abordé, la rupture et les ressentis (dépression, chagrin, colère...) qui s'en suivent sont bien exprimés et sont intéressants. Mais j'avais envie de donner des claques à cette gamine qui nous fait son caca nerveux. Franchement, je n'avais pas envie de lire une romance, moi !
Le côté thriller qui m'avait attiré dans cette histoire n'était que peu abordé, comme laissé de côté. Et c'était bien dommage... Et puis, petit à petit, le récit a basculé dans le noir avec en prime un twist de derrière les fagots que je n'ai pas vu venir ! Ah oui ? Eh bien ça, ça me plait ! Et mon avis sur ce roman a complètement changé.
Je vous laisse découvrir ce qu'il en est mais je peux déjà vous dire que finalement, j'ai beaucoup apprécié cette histoire. J'ai pris un grand plaisir à me faire avoir :)
Inutile de vous dire que je vais me pencher sur l'autre roman de Syl Right : Utopia.
À tout juste 19 ans, Aurélia traverse une période de profonde souffrance après une rupture particulièrement douloureuse. L’homme qui partageait sa vie depuis trois ans semble l’avoir trompée. Dévastée, elle revient alors auprès de son père et de son meilleur ami, David, qui fut également son tout premier amour.
En parallèle de cette reconstruction émotionnelle, le roman aborde deux éléments qui laissaient présager autre chose : un tueur surnommé La Rose Noire et le don de prémonition d’Aurélia. En effet, la jeune femme fait des rêves qui s’avèrent prémonitoires. Pourtant, ces deux axes restent, selon moi, trop peu exploités. Le tueur est évoqué à plusieurs reprises, mais de manière très superficielle, sans jamais créer de véritable tension. Quant au don d’Aurélia, il aurait mérité d’être davantage développé, tant il aurait pu enrichir sa personnalité et renforcer l’intrigue.
J’ai sans doute attendu autre chose de ce roman. Je m’imaginais un thriller, mais j’ai finalement eu l’impression de lire avant tout une romance. Hormis quelques éléments venant ponctuellement rompre le quotidien, le récit se concentre essentiellement sur Aurélia et ses ressentis. Face aux hommes, elle m’a d’ailleurs semblé très difficile à suivre : le personnage « gentil » devient soudain ridicule, tandis que le lourdaud, l’insistant, bascule rapidement dans la caricature du mâle viril. Ce manque de nuance m’a tenue à distance, au point de ne plus avoir envie de m’attacher à elle. Une question d’âge (le double du sien) peut-être, mais je n’ai ressenti que très peu d’empathie à son égard.
Malgré tout, et bien que je sois passée à côté de cette lecture en raison d’un personnage principal qui m’a fortement agacée et d’attentes probablement mal orientées, le roman reste agréable à lire. L’écriture est fluide, et la fin, en particulier, m’a procuré des sensations que j’ai sincèrement appréciées.