Ce recueil surprend dès les premières pages par son audace : il mêle biologie et poésie, deux univers que l’on n’associe pas spontanément. L’autrice choisit de donner voix à l’infiniment petit, à tout ce qui se joue à l’intérieur de nos corps (les mitochondries, les cellules, l’ADN…) à travers de longs poèmes à la fois précis et sensibles. Des sujets qui pourraient sembler trop techniques trouvent ici une étonnante résonance poétique. Et contre toute attente, cela fonctionne.
Je dois avouer ne pas avoir compris tous les termes scientifiques employés. Pourtant, cela n’entrave en rien la lecture, l’essentiel est là. Le message circule, fluide, accessible, porté par une écriture qui ne cherche pas à impressionner mais à transmettre. On se laisse guider, même sans tout saisir, tant l’émotion prend le relais du savoir.
À travers ces poèmes, l’autrice nous rappelle ce que l’on oublie trop souvent : la puissance silencieuse de notre corps, cette activité permanente qui nous permet simplement d’exister. Même dans l’immobilité, tout continue de vibrer, de travailler, de résister. Avec beaucoup de tendresse et de délicatesse, elle décortique ces gestes invisibles, ces actions minuscules qui, mises bout à bout, deviennent essentielles.
Au fil des pages, je découvre mon propre corps autrement. Je me surprends à être touchée par la vie d’une cellule, émue par la force de ces « petits riens » intérieurs qui sont en réalité tout. Ce recueil réussit là où on ne l’attend pas : rendre l’invisible vivant, et la science profondément humaine.