Quand les maux manquent, est-ce que la source des mots ne finit-elle pas non plus par se tarir ? Peut-on écrire sur le bonheur, et seulement le bonheur ? Est-ce qu’écrire ne vient justement pas de nos petites fêlures, de nos sensibilités, de nos égratignures ? Je me pose ces questions, car l’auteur aimerait que ses maux lui manquent, il imagine donc leur départ. Pourtant, quand on se plonge dans ce court recueil, ce sont justement les grincements de la vie, les douleurs invisibles, les pensées invasives qui donnent de la sensibilité et du cœur à tous ces textes.
Évidemment, ce n’est qu’un ressenti de ma part, loin de moi l’idée de faire une analyse de texte. D’ailleurs, je n’ai jamais vraiment compris comment il était possible d’affirmer ce qu’un auteur avait voulu dire avec son texte. Nous sommes pluriels à l’intérieur de nous, tellement plus complexes. Mais je m’égare.
J’ai aimé ce recueil, comme j’ai aimé les autres jusqu’à présent, car j’y retrouve une justesse et une spontanéité dans l’écriture. J’ai été touchée par ces moments capturés, ces instants ressentis plus fortement, le tout décrit avec une sensibilité qui me ressemble. L’auteur parle de l’amour, de la vie, du temps qui passe et je trouve que son écriture est comme un regard enfantin sur le monde. Un enfant spontané, rieur et porteur d’une grande sensibilité, qui rendrait la vie un peu usante, parfois.