À tout juste 19 ans, Aurélia traverse une période de profonde souffrance après une rupture particulièrement douloureuse. L’homme qui partageait sa vie depuis trois ans semble l’avoir trompée. Dévastée, elle revient alors auprès de son père et de son meilleur ami, David, qui fut également son tout premier amour.
En parallèle de cette reconstruction émotionnelle, le roman aborde deux éléments qui laissaient présager autre chose : un tueur surnommé La Rose Noire et le don de prémonition d’Aurélia. En effet, la jeune femme fait des rêves qui s’avèrent prémonitoires. Pourtant, ces deux axes restent, selon moi, trop peu exploités. Le tueur est évoqué à plusieurs reprises, mais de manière très superficielle, sans jamais créer de véritable tension. Quant au don d’Aurélia, il aurait mérité d’être davantage développé, tant il aurait pu enrichir sa personnalité et renforcer l’intrigue.
J’ai sans doute attendu autre chose de ce roman. Je m’imaginais un thriller, mais j’ai finalement eu l’impression de lire avant tout une romance. Hormis quelques éléments venant ponctuellement rompre le quotidien, le récit se concentre essentiellement sur Aurélia et ses ressentis. Face aux hommes, elle m’a d’ailleurs semblé très difficile à suivre : le personnage « gentil » devient soudain ridicule, tandis que le lourdaud, l’insistant, bascule rapidement dans la caricature du mâle viril. Ce manque de nuance m’a tenue à distance, au point de ne plus avoir envie de m’attacher à elle. Une question d’âge (le double du sien) peut-être, mais je n’ai ressenti que très peu d’empathie à son égard.
Malgré tout, et bien que je sois passée à côté de cette lecture en raison d’un personnage principal qui m’a fortement agacée et d’attentes probablement mal orientées, le roman reste agréable à lire. L’écriture est fluide, et la fin, en particulier, m’a procuré des sensations que j’ai sincèrement appréciées.